Article mis à jour le 18 juin 2026
Vous avez plus de 90 ans, vous conduisez toujours et votre assureur vient de vous annoncer une hausse de tarif, voire un refus de renouvellement ? Vous n’êtes pas seul dans cette situation.
À cet âge, trouver ou conserver une assurance auto devient un vrai parcours du combattant, car de nombreuses compagnies rechignent à couvrir les conducteurs très âgés. Pourtant, rien ne vous interdit de rester au volant et il existe des solutions concrètes pour vous assurer à un coût raisonnable.
En résumé
Aucune loi n’interdit de conduire ni d’assurer un véhicule à plus de 90 ans. Les assureurs appliquent souvent une surprime ou refusent le dossier, car ils considèrent ce profil comme risqué. Pour limiter la facture, vous pouvez réduire votre kilométrage, opter pour une formule au tiers, conserver un véhicule ancien et comparer les offres. En cas de refus répété, des assureurs spécialisés et le Bureau central de tarification permettent d’obtenir une couverture.
Peut-on assurer une voiture à plus de 90 ans ?
La réponse est oui. En France, il n’existe aucune limite d’âge légale pour conduire ni pour souscrire une assurance auto. Tant que votre permis est valide et qu’aucune contre-indication médicale ne vous interdit de prendre le volant, vous avez parfaitement le droit de circuler et d’assurer votre véhicule, quel que soit votre âge.
Dans les faits, la situation est plus nuancée. L’assurance auto pour les plus de 90 ans reste rare, car beaucoup de compagnies préfèrent ne pas couvrir ce profil.
Certaines refusent purement et simplement les nouveaux contrats au-delà d’un certain âge, d’autres résilient plus facilement après un sinistre. Vous pouvez donc vous retrouver à devoir chercher activement un assureur, là où un conducteur de 50 ans signerait en quelques minutes. La bonne nouvelle, c’est que des solutions existent, à condition de savoir où chercher et comment présenter votre dossier.
Pourquoi les assureurs hésitent à couvrir les conducteurs de plus de 90 ans ?
Le grand âge est associé par les compagnies à un risque accru sur la route. La baisse des réflexes, la diminution de la vue et de l’audition, l’allongement du temps de réaction sont autant de facteurs qui inquiètent les assureurs. Pour eux, un conducteur de plus de 90 ans entre dans la catégorie des profils à risque, au même titre, dans une logique inverse, que les jeunes conducteurs pénalisés par leur manque d’expérience.
Cette perception mérite pourtant d’être nuancée. Les statistiques de la Sécurité routière montrent que les conducteurs âgés ont moins d’accidents que les jeunes.
Les automobilistes de 75 ans et plus sont responsables d’environ 9 % des accidents mortels, contre près de 19 % pour les 18-24 ans, soit deux fois plus. Les seniors conduisent généralement de manière plus prudente, roulent moins vite et prennent moins de risques. En revanche, lorsqu’ils sont impliqués dans un accident, les conséquences corporelles sont souvent plus graves en raison d’une fragilité physique plus importante.
C’est cette gravité potentielle, plus que la fréquence des sinistres, qui justifie la prudence des assureurs et l’application fréquente d’une surprime.
Le prix d’une assurance auto après 90 ans
Le tarif d’une assurance auto pour les plus de 90 ans dépend de nombreux paramètres et il n’existe pas de prix unique. À titre indicatif, un conducteur senior paie en moyenne autour de 420 à 450 euros par an, contre environ 650 euros tous âges confondus.
Mais après 80 ans, et plus encore après 90 ans, les écarts se creusent. Les bancassureurs peuvent appliquer des tarifs 20 à 30 % plus élevés qu’à 60 ans, tandis que certaines mutuelles sans intermédiaire n’augmentent presque pas leurs prix avec l’âge. La différence d’un assureur à l’autre peut donc être considérable pour un même profil.
Plusieurs éléments font varier votre prime. Le coefficient bonus-malus joue un rôle déterminant : après des décennies de conduite sans accident, vous bénéficiez le plus souvent du bonus maximal de 50 %, ce qui réduit fortement votre cotisation. Le type de véhicule compte également, une voiture ancienne et peu puissante coûtant moins cher à assurer qu’un modèle récent.
Enfin, la formule choisie, le kilométrage annuel et votre lieu de résidence pèsent sur le montant final. Si vous voulez comparer votre situation avec celle des autres tranches d’âge, notre guide dédié à l’assurance auto senior détaille l’évolution des tarifs au fil des années.
Les garanties à privilégier pour une assurance auto à plus de 90 ans
À plus de 90 ans, l’enjeu n’est pas de souscrire le maximum de garanties, mais de cibler celles qui correspondent réellement à votre usage. Voici les trois protections les plus pertinentes pour un conducteur de cet âge.
La garantie personnelle du conducteur
C’est la garantie la plus importante à votre âge. La responsabilité civile, obligatoire, n’indemnise que les tiers : si vous êtes responsable d’un accident, vos propres blessures ne sont pas couvertes. La garantie personnelle du conducteur comble ce vide en prenant en charge vos dommages corporels, vos frais d’hospitalisation et les éventuelles séquelles. Compte tenu de la fragilité physique accrue avec l’âge, cette protection est vivement recommandée. Vérifiez le plafond d’indemnisation proposé, car il varie fortement d’une formule à l’autre.
L’assistance 0 km
L’assistance classique ne se déclenche souvent qu’à partir d’une certaine distance de votre domicile. L’assistance 0 km, elle, intervient même si la panne ou la crevaison survient devant chez vous. Pour un conducteur de plus de 90 ans qui effectue surtout des trajets courts et de proximité, cette option est particulièrement adaptée. Elle vous garantit un dépannage rapide sans condition de distance, ce qui apporte une vraie tranquillité d’esprit au quotidien.
L’assurance au kilomètre
Si vous ne roulez que quelques centaines de kilomètres par mois, l’assurance au kilomètre est une piste sérieuse pour faire baisser la note. Le principe est simple : vous payez en fonction de votre usage réel, et plus vous roulez peu, moins vous payez. Beaucoup de conducteurs très âgés parcourent moins de 5 000 ou 7 500 kilomètres par an, un volume qui justifie pleinement ce type de contrat et permet de réduire la prime sans sacrifier les garanties essentielles.
Que faire en cas de refus d’assurance auto après 90 ans ?
Essuyer un refus n’est pas une impasse. Plusieurs leviers existent pour obtenir une couverture, même quand les assureurs classiques ferment la porte.
Première piste, les assureurs spécialisés et les courtiers habitués aux profils dits difficiles. Certaines compagnies privées acceptent de couvrir les conducteurs très âgés, parfois moyennant une surprime, mais elles existent. Quelques assureurs proposent même une garantie de mobilité, une clause qui leur interdit de résilier votre contrat en raison de votre âge. C’est un argument à rechercher activement au moment de comparer les offres.
Deuxième piste, le certificat d’aptitude à la conduite. Ce document, délivré par votre médecin, atteste de votre bon état de santé et de votre capacité à conduire. Il n’est pas obligatoire, mais il peut rassurer un assureur hésitant et faciliter l’acceptation de votre dossier. Le présenter spontanément est souvent perçu comme un signe de sérieux.
Troisième piste, le Bureau central de tarification (BCT). Si vous avez essuyé plusieurs refus, cet organisme public peut contraindre un assureur de votre choix à vous couvrir pour la responsabilité civile, qui est l’assurance minimale obligatoire.
Vous adressez votre demande au BCT après deux refus écrits, et il fixe lui-même le tarif que l’assureur devra appliquer. C’est une garantie de dernier recours méconnue, mais précieuse quand toutes les autres portes se sont fermées.
Enfin, pensez à utiliser un comparateur d’assurance en ligne. En quelques minutes, vous obtenez plusieurs devis adaptés à votre profil et vous identifiez les compagnies prêtes à vous assurer, sans avoir à les démarcher une à une.
Comment réduire le coût de son assurance auto à plus de 90 ans ?
Au-delà du choix des garanties, plusieurs réflexes permettent d’alléger durablement votre prime. Le premier est de plafonner votre kilométrage annuel. En déclarant que vous roulez moins de 7 500 kilomètres par an, par exemple, vous réduisez le risque aux yeux de l’assureur et donc le montant de votre cotisation.
Conserver un véhicule ancien plutôt que d’en acheter un neuf est également judicieux. Une voiture déjà amortie coûte moins cher à assurer et à réparer, et ne justifie pas forcément une couverture tous risques. Sur un modèle de faible valeur, une formule au tiers, éventuellement complétée par les garanties vol et assistance, suffit souvent largement et fait chuter la facture.
La fidélité reste un atout à ne pas négliger. Si vous êtes client de la même compagnie depuis de longues années, n’hésitez pas à négocier directement avec votre conseiller. Votre ancienneté et votre historique sans sinistre sont des arguments solides pour obtenir un geste commercial ou des modalités de paiement plus souples, ce qui compte quand les revenus diminuent à la retraite. Et dans tous les cas, comparez plusieurs devis avant de signer : c’est le moyen le plus rapide de faire jouer la concurrence et d’économiser plusieurs centaines d’euros par an.
FAQ assurance auto pour les plus de 90 ans
Un assureur peut-il refuser de couvrir un conducteur de plus de 90 ans ?
Oui, pour un nouveau contrat. Un assureur reste libre d’accepter ou non un nouveau client, et l’âge avancé peut motiver un refus. En revanche, il ne peut pas résilier un contrat en cours uniquement à cause de votre âge. Et si vous accumulez les refus, le Bureau central de tarification peut imposer à un assureur de vous couvrir au minimum pour la responsabilité civile.
Faut-il un certificat médical pour assurer sa voiture après 90 ans ?
Non, aucun certificat médical n’est légalement exigé pour conduire ou s’assurer, quel que soit l’âge. Toutefois, présenter un certificat d’aptitude délivré par votre médecin peut faciliter vos démarches et rassurer un assureur réticent. C’est une initiative volontaire qui joue en votre faveur.
Quel est le prix moyen d’une assurance auto à plus de 90 ans ?
Il n’existe pas de tarif fixe, car le prix dépend de votre véhicule, de votre formule, de votre kilométrage et de votre bonus-malus. À titre de repère, un conducteur senior paie souvent entre 420 et 450 euros par an, mais une surprime liée à l’âge peut alourdir la note de 20 à 30 % chez certains assureurs. La comparaison des offres reste le meilleur moyen d’obtenir un tarif juste.
Quelle formule choisir pour une assurance auto senior de plus de 90 ans ?
Tout dépend de votre véhicule et de votre usage. Pour une voiture ancienne et peu utilisée, une formule au tiers complétée par la garantie personnelle du conducteur et l’assistance 0 km offre un bon équilibre entre protection et budget. Pour un véhicule récent ou de valeur, une couverture plus complète reste préférable afin de protéger votre bien en cas de sinistre.




