Malus au poids 2026 : barème, calcul et véhicules concernés

Malus au poids 2026

Article mis à jour le 23 mars 2026

Vous êtes sur le point d’acheter un SUV, un monospace ou une berline familiale et vous avez entendu parler du malus au poids ? Bonne initiative de vous renseigner avant de signer. Depuis le 1er janvier 2026, le seuil de déclenchement de cette taxe est passé de 1 600 à 1 500 kg, ce qui fait basculer dans la zone taxée de nombreux modèles jusqu’ici épargnés. Selon le ministère de l’Économie, cette taxe a rapporté 1,4 milliard d’euros en 2024. Voici tout ce que vous devez savoir pour calculer précisément ce que vous allez payer, connaître les abattements auxquels vous avez droit et anticiper les durcissements déjà programmés jusqu’en 2028.

En bref

  • Le malus au poids s’applique dès 1 500 kg de masse en ordre de marche depuis le 1er janvier 2026, contre 1 600 kg en 2025.
  • Le barème est progressif : de 10 €/kg entre 1 500 et 1 699 kg jusqu’à 30 €/kg au-delà de 2 000 kg.
  • Le cumul malus CO₂ + malus au poids est plafonné à 80 000 € en 2026 — ce plafond sera supprimé en 2028.
  • Des abattements existent pour les hybrides, les familles nombreuses et les personnes handicapées.
  • C’est la date d’immatriculation, et non la date de commande, qui détermine le barème applicable.
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Malus au poids : un dispositif créé en 2022 qui se durcit chaque année

Un outil fiscal au service de la transition énergétique

La taxe sur la masse en ordre de marche, communément appelée malus au poids, est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Elle vient s’ajouter au malus CO₂ qui existait déjà depuis 2008, avec un objectif clair : pénaliser les véhicules lourds, qui consomment davantage d’énergie et émettent structurellement plus de CO₂, quelle que soit leur motorisation.

À sa création, le seuil de déclenchement était fixé à 1 799 kg. Il a ensuite baissé d’année en année : 1 800 kg en 2022, 1 600 kg en 2023, puis 1 500 kg à compter du 1er janvier 2026. Cette trajectoire n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une feuille de route législative explicitement programmée jusqu’en 2028, avec des durcissements déjà actés par les lois de finances successives.

Le changement clé au 1er janvier 2026 : le seuil passe de 1 600 à 1 500 kg

L’abaissement du seuil de 100 kg peut sembler modeste sur le papier. Dans les faits, il fait entrer dans la zone taxée un nombre significatif de modèles qui en étaient jusqu’ici exemptés. Un SUV compact affichant 1 550 kg, par exemple, ne payait aucun malus au poids en 2025. En 2026, il est taxé sur 50 kg excédentaires, soit 500 €.

C’est la date d’immatriculation du véhicule qui détermine le barème applicable — pas la date de commande ni la date d’achat. Un véhicule commandé en décembre 2025 mais immatriculé en janvier 2026 est donc soumis au barème 2026. Ce point est souvent mal compris et peut réserver des surprises au moment de la livraison.

Le barème 2026 en détail : comment se calcule la taxe

Les tranches progressives de 10 à 30 €/kg

Le malus au poids fonctionne comme l’impôt sur le revenu : il est calculé par tranches successives, et seule la fraction de poids excédant chaque seuil est taxée au tarif correspondant. Voici le barème en vigueur depuis le 1er janvier 2026 :

Tranche de masseTarif par kg
De 1 500 à 1 699 kg10 €/kg
De 1 700 à 1 799 kg15 €/kg
De 1 800 à 1 899 kg20 €/kg
De 1 900 à 1 999 kg25 €/kg
À partir de 2 000 kg30 €/kg

La masse prise en compte est la masse en ordre de marche indiquée à la case G de la carte grise. Elle correspond au poids du véhicule prêt à rouler, avec le réservoir rempli à 90 %, les fluides (huile, liquide de refroidissement), les équipements de série et un conducteur standard estimé à 75 kg.

Exemple de calcul concret sur un SUV de 1 850 kg

Prenons un SUV thermique pesant 1 850 kg, sans abattement applicable. Le calcul se fait tranche par tranche :

  • De 1 500 à 1 699 kg : 200 kg × 10 € = 2 000 €
  • De 1 700 à 1 799 kg : 100 kg × 15 € = 1 500 €
  • De 1 800 à 1 850 kg : 50 kg × 20 € = 1 000 €

Total malus au poids : 4 500 €

Pour un SUV plus lourd à 1 950 kg, la facture monte à 6 775 €. Et pour un grand SUV à 2 100 kg, le malus au poids dépasse 10 000 € en cumulant les tranches à 25 et 30 €/kg.

Ces montants s’entendent hors malus CO₂, qui peut s’y ajouter si le véhicule émet plus de 108 g/km.

Le cumul avec le malus CO₂ et son plafond à 80 000 €

Les deux taxes sont cumulables lors de l’immatriculation. Un véhicule lourd et polluant paie donc simultanément le malus CO₂ et le malus au poids. En 2026, le montant cumulé est toutefois plafonné au montant maximum du malus CO₂, soit 80 000 €. Concrètement, si le malus CO₂ d’un véhicule atteint déjà 80 000 €, le malus au poids ne s’applique plus.

Ce plafond a une date d’expiration : il sera supprimé à partir du 1er janvier 2028. À cette date, les deux taxes s’additionneront sans limite, ce qui signifie que la facture de certains véhicules lourds et polluants pourra dépasser 100 000 €.

Quels véhicules sont concernés en 2026 ?

Les modèles populaires qui basculent dans la zone taxée

L’abaissement du seuil à 1 500 kg touche en priorité les SUV compacts et les berlines familiales à motorisation thermique. Des modèles parmi les plus vendus en France se retrouvent désormais concernés par cette taxe.

À titre d’illustration, un Peugeot 3008 essence affiche une masse d’environ 1 560 à 1 620 kg selon les versions. Il était hors du radar en 2025 pour certaines finitions, et se retrouve taxé en 2026 dès son premier kilogramme excédentaire. Un Toyota RAV4 hybride dépasse souvent 1 700 kg, ce qui le place dans la tranche à 15 €/kg après abattement. Un Renault Espace ou un Peugeot 5008 peuvent facilement atteindre 1 800 à 1 900 kg selon l’équipement, générant plusieurs milliers d’euros de malus.

Les modèles qui restent généralement sous le seuil sont les citadines légères (Renault Clio, Peugeot 208, Toyota Yaris), dont la masse oscille entre 1 000 et 1 350 kg, ainsi que les petites berlines compactes sobres en équipements.

La date qui compte : l’immatriculation, pas la commande

Ce point mérite une attention particulière, car il est source de confusion fréquente. C’est la date de première immatriculation du véhicule en France qui détermine quel barème s’applique, et non la date de commande ni celle figurant sur la facture d’achat.

En pratique, cela signifie deux choses. D’abord, un véhicule commandé avant le 1er janvier 2026 mais livré et immatriculé après cette date est soumis au barème 2026. Ensuite, un véhicule déjà immatriculé en 2025 qui change de propriétaire en 2026 n’est pas soumis à un nouveau malus : la taxe est due uniquement à la première immatriculation en France. Pour les véhicules importés déjà immatriculés à l’étranger, des règles spécifiques s’appliquent, détaillées plus bas.

Les abattements et exonérations à connaître

Hybrides et hybrides rechargeables

Les véhicules hybrides bénéficient d’abattements sur la masse prise en compte pour le calcul, afin de ne pas pénaliser excessivement des technologies plus vertueuses que le thermique pur.

Les hybrides simples et micro-hybrides dont la puissance du moteur électrique est inférieure à 30 kW bénéficient d’un abattement de 100 kg. Cet avantage est maintenu en 2026 mais prendra fin en 2027 pour les micro-hybrides. Les hybrides non rechargeables avec un moteur électrique d’au moins 30 kW conservent cet abattement de 100 kg au moins jusqu’en 2028.

Les hybrides rechargeables (PHEV) disposent d’un abattement plus généreux selon leur autonomie. Ceux dont l’autonomie en mode tout électrique dépasse 50 km bénéficient d’un abattement de 200 kg, dans la limite de 15 % de leur masse en ordre de marche. Ceux dont l’autonomie est inférieure à 50 km bénéficient du même abattement de 100 kg que les hybrides simples.

En pratique, un PHEV pesant 1 950 kg avec une autonomie de 60 km en mode électrique voit sa masse taxable ramenée à 1 750 kg. Le malus au poids s’élève alors à 1 000 € (200 kg × 10 € + 50 kg × 15 €) au lieu de 6 125 € sans abattement.

Véhicules électriques : exonérés jusqu’au 30 juin 2026, puis abattement

Les véhicules 100 % électriques sont intégralement exonérés du malus au poids jusqu’au 30 juin 2026. À partir du 1er juillet 2026, une distinction s’applique selon l’éco-score du véhicule. Les modèles ayant obtenu un score environnemental minimal auprès de l’ADEME restent totalement exonérés. Les modèles qui n’atteignent pas ce score bénéficient d’un abattement de 600 kg pour le calcul du malus masse.

Concrètement, un véhicule électrique non éco-scoré pesant 2 100 kg voit sa masse taxable ramenée à 1 500 kg après abattement, ce qui l’exonère tout juste. En revanche, un modèle de 2 300 kg non éco-scoré sera taxé sur 200 kg excédentaires à partir de juillet 2026.

Les véhicules à hydrogène restent exonérés sur toute l’année 2026.

Familles nombreuses et personnes handicapées

Deux catégories de contribuables bénéficient d’abattements spécifiques qui peuvent réduire significativement la facture, voire l’annuler.

Les foyers composés d’au moins trois enfants à charge bénéficient d’un abattement de 200 kg par enfant sur la masse du véhicule, à condition que celui-ci comporte au moins cinq places assises. Cet avantage ne s’applique qu’à un seul véhicule pour le foyer, dans la limite d’une fois tous les deux ans. Pour une famille de trois enfants achetant un monospace de 1 750 kg, l’abattement de 600 kg ramène la masse taxable à 1 150 kg, bien en dessous du seuil de 1 500 kg. Le malus est donc nul.

Les personnes détenant une carte mobilité inclusion mention invalidité, une carte d’invalidité militaire, ou les parents d’un enfant mineur dans cette situation, bénéficient d’une exonération totale des malus CO₂ et malus masse. Cette exonération est accordée sur présentation des justificatifs officiels au moment de l’immatriculation.

Le cas particulier des véhicules importés

Acheter un véhicule d’occasion à l’étranger, notamment en Allemagne ou en Belgique, peut réserver de mauvaises surprises si vous n’avez pas anticipé le malus applicable à la première immatriculation en France.

Pour un véhicule déjà immatriculé à l’étranger, le barème applicable est celui de l’année de sa première immatriculation à l’étranger — et non le barème 2026. En revanche, un abattement de vétusté s’applique progressivement selon l’âge du véhicule. Plus le véhicule est ancien, plus le montant du malus est réduit. Pour un véhicule dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015, le malus masse est nul.

Prenons un exemple concret. Vous importez en 2026 un SUV diesel immatriculé en Allemagne en 2019, pesant 1 900 kg. Le malus masse applicable est calculé sur le barème 2019, puis réduit par un coefficient de vétusté. Sur 7 ans d’ancienneté, l’abattement atteint environ 70 %, ce qui réduit considérablement la facture. Le malus ne disparaît pas pour autant et doit être anticipé dans le budget d’achat.

Ce qui changera en 2027 et 2028 : la feuille de route à anticiper

La trajectoire du malus au poids est fixée par les lois de finances successives et connue à l’avance. Voici ce qui est déjà acté pour les deux prochaines années.

En 2027, les micro-hybrides perdront l’abattement de 100 kg dont ils bénéficient aujourd’hui. Un véhicule de ce type pesant 1 580 kg, actuellement taxé sur 80 kg seulement (après abattement), sera taxé sur 80 kg sans abattement, ce qui ne change rien dans ce cas précis. Mais un micro-hybride de 1 650 kg verra sa masse taxable passer de 1 550 à 1 650 kg, augmentant mécaniquement son malus.

En 2028, deux changements majeurs entrent en vigueur. D’abord, le plafonnement du cumul malus CO₂ et malus masse sera supprimé. Les deux taxes s’additionneront sans limite, ce qui signifie que certains véhicules lourds et très polluants pourront atteindre des montants de taxation dépassant 100 000 €. Ensuite, les véhicules à hydrogène perdront leur exonération automatique et seront soumis aux mêmes règles que les électriques vis-à-vis du malus masse.

Ces évolutions programmées ont une implication directe sur vos décisions d’achat aujourd’hui : un véhicule acheté en 2026 et revendu en 2028 ou 2029 pourrait voir sa valeur résiduelle affectée par une fiscalité à l’achat devenue encore plus dissuasive.

Comment éviter ou réduire le malus au poids : les stratégies concrètes

La première stratégie est la plus évidente : vérifier la masse en ordre de marche avant de signer. Elle figure à la case G de la carte grise ou dans la fiche technique constructeur. Sur un modèle proposé en plusieurs finitions, le choix d’une version moins équipée peut suffire à passer sous le seuil de 1 500 kg.

Comparer les versions d’un même modèle selon leur motorisation est également pertinent. Sur un SUV compact, la version essence légère peut peser 80 à 100 kg de moins que la version diesel équipée d’un système de dépollution lourd. Cette différence peut représenter plusieurs centaines d’euros de malus économisés.

Pour les familles avec trois enfants ou plus, l’abattement de 200 kg par enfant est un levier puissant. Il vaut la peine de calculer précisément la masse taxable après abattement avant de renoncer à un modèle spacieux en raison du malus.

Le marché de l’occasion représente une autre piste. Les véhicules déjà immatriculés en France ne sont pas soumis à un nouveau malus au poids lors d’une revente entre particuliers ou chez un concessionnaire. Acheter d’occasion un modèle lourd mais déjà immatriculé vous exonère entièrement de cette taxe.

FAQ

À partir de quel poids s’applique le malus au poids en 2026 ?

Le seuil de déclenchement est fixé à 1 500 kg de masse en ordre de marche depuis le 1er janvier 2026. Seule la fraction de poids dépassant ce seuil est taxée, selon un barème progressif allant de 10 €/kg à 30 €/kg selon les tranches.

Comment trouver la masse en ordre de marche de mon véhicule ?

Elle est indiquée à la case G de la carte grise, ou dans la fiche technique constructeur disponible sur le site de la marque. Attention : c’est la masse en ordre de marche, et non le PTAC (poids total autorisé en charge), qui sert de base au calcul du malus.

Le malus au poids s’applique-t-il à l’achat d’une voiture d’occasion ?

Non, dans la grande majorité des cas. Le malus au poids est dû uniquement lors de la première immatriculation d’un véhicule en France. Si vous achetez un véhicule déjà immatriculé en France, vous n’avez aucun malus supplémentaire à payer, quelle que soit sa masse.

Mon véhicule hybride rechargeable est-il concerné ?

Oui, depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables sont soumis au malus au poids. Toutefois, ils bénéficient d’un abattement de 200 kg si leur autonomie électrique dépasse 50 km (dans la limite de 15 % de leur masse), ou de 100 kg dans les autres cas. Cet abattement est maintenu au moins jusqu’en 2028.

Peut-on cumuler le malus au poids et le malus CO₂ ?

Oui, les deux taxes sont cumulables sur un même véhicule lors de l’immatriculation. En 2026, leur cumul est toutefois plafonné à 80 000 €. Ce plafond sera supprimé à partir du 1er janvier 2028, date à laquelle les deux taxes s’additionneront sans limite.

Le malus au poids s’applique-t-il si j’importe une voiture de l’étranger ?

Oui, mais avec un abattement de vétusté basé sur l’âge du véhicule. Le barème applicable est celui de l’année de première immatriculation à l’étranger, et non le barème 2026. Pour les véhicules dont la première immatriculation est antérieure au 1er janvier 2015, le malus masse est nul.

Ma famille a trois enfants : ai-je droit à une réduction ?

Oui. Les foyers d’au moins trois enfants à charge bénéficient d’un abattement de 200 kg par enfant sur la masse du véhicule, à condition que celui-ci comporte au moins cinq places. Cet avantage s’applique à un seul véhicule par foyer, dans la limite d’une fois tous les deux ans, sur présentation du livret de famille.

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